ARCHITECTURE ET CINEMA

« Trace(s). Sur la frontière entre Réalité et Fiction » 

Projet d’Option  
L’option Architecture et Cinéma propose de s’interroger sur le rôle que peut avoir le film dans la conception architecturale, tant par la production d’un imaginaire, l’exploration des possibles et l’observation insistante de notre environnement urbain et de ses acteurs réels ou fictionnels, que par toute la réflexion théorique et philosophique que le cinéma a engendré, ainsi que par l’immersion dans le monde de la production filmique, en se servant de ses outils, de ses méthodes et de son énergie créative, réflexive et engagée. 
 
Thématique de cette année 2016-2017 
Cette année 2016-2017, l’Option architecture et Cinéma continue le travail réflexif commencé l’année dernière sur la question de l’interstice et de l’intervalle dans l’espace public, en se focalisant cette fois sur la thématique des « traces urbaines », dans l’idée que toute réalité appelle une forme de fiction, qui associe à cette réalité un monde imaginaire propre et/ou collectif. 
La double notion « interstice-intervalle » est vue comme une réalité urbaine d’écarts spatio-temporels que présente la ville comme entité construite, où coexistent des réalités multiples auxquelles l’accès n’est ni direct, ni immédiat. 
La recherche des « traces » dans la ville est le mobile d’action et d’investigation urbaine qui vous est proposé cette année. 
L’idée de traces est introduite sous forme d’intrigue : « Quelque chose est en train de se passer dans la ville et on ne sait pas ce qu’il se passe ». La notion de "traces" est également l'indice qui ouvre des faille dans le visible pour passer au-delà du décor et qui met en question la frontière entre réalité et fiction.   
Le territoire d’investigation est celui de Bruxelles. 
A travers différents médias (texte, photographie, vidéo, prise de son, dessin, installation, cartes, installations), Bruxelles sera décliné de manières différentes, par une multiplicité de points d’ancrage et selon une diversité d’angles de vue et de médiums de lecture et de communication. 
Un court-métrage de 10 minutes sera réalisé par chaque équipe, ainsi qu’un dossier de présentation du film et une mise en scène de toutes les démarches de construction de l’attitude et de l’idée qui a mené à la réalisation du film, pour pouvoir s’approprier le processus dans sa pratique d’architecte et s’interroger jusqu’à quel point le film n’est ou pourrait être en lui-même une construction urbaine à part entière. 
Les courts-métrages réalisés par les équipes des étudiants vont révéler tout autant de points de vue sur le réel. Ils seront individuellement cohérents et entiers. Articulés entre eux selon un montage qui lui-même racontera le lieu, ils produiront un film urbain polyphonique. 
Les exposés théoriques sur l’écriture cinématographique et sonore, sur la sémiotique, la théorie et l’histoire du cinéma - documentaire, expérimental ou de fiction - seront doublés de leçons de technique du cinéma, et d’écriture. Les étudiants seront plongés dans leur production filmique dès le début, de sorte à ce que chaque leçon puisse être un déclencheur d’une démarche à la fois personnelle et en équipe. Ce cours demande un investissement soutenu et fervent. En dehors des heures de cours, il est important de prévoir des moments de tournage, de montage et de projection de sa propre production, mais également du temps de recherche théorique et d’arpentage du territoire de la ville, ainsi que pour visionner des films (des projections publiques, festivals, centres du film et médiathèques).  
 
Court historique  
L’option  Architecture et Cinéma existe depuis quatre ans. Les étudiants réalisent chaque année, seuls ou en équipe, des courts-métrages. La première année le cours s'est préoccupé des différentes manières de raconter un même espace du quotidien. Ensuite, une double  question a été étudiée, celle du "mur et  de l'engagement" à partir du travail de l’Artiste Françoise Schein. Les court-métrages ont été intégrés dans l’exposition itinérante de l’artiste et projetés à Bruxelles (CIVA) et à Sao Paulo. L'année dernière la question de l'engagement a été confrontée à la double notion d’interstice et d’intervalle urbains.  A travers ces thèmes, la caméra scrute le quotidien de nos villes et l'écho qu'il produit en nous.  L'année dernière neuf courts-métrages urbains de 10min ont été produits, constituant ensemble un film urbain polyphonique sur un même lieu, la Place Flagey.  
Des collaborations étroites ont eu lieu chaque année, avec des cinéastes (François Leboutte, Giovanni Cioni, Paola Stévenne, Valérie Keyser), des artistes (Françoise Schein) ou des collections de films d’artistes (La collection d’Ana D, Châteauroux). 
Cinéaste invité et échanges Erasmus 2016-2017 
Giovanni Cioni est le cinéaste invité de l’Option Architecture et cinéma. 
La ville d’Alghero en Sardaigne s’associe cette année comme une  complémentarité à la ville de Bruxelles, à travers une association filmique fictionnelle, tentant la réalisation d’un « film-pont entre les deux villes ». Un workshop sera organisé à Alghero par le cinéaste Giovanni Cioni, ainsi qu’une présentation du travail de l’Option Architecture et Cinéma de cette année au centre « L’ultimo spettacolo » à Sassari et à la Faculté d’Architecture d’Alghero. Le projet est soutenu par un accord Erasmus entre les universités.  
 
Laboratoire 
L’option bénéficie cette année 2016-2017 de fonds FEE pour commencer à outiller son laboratoire. Le projet que soutiennent ces fonds universitaires s’appelle « Laboratoire cinématographique de recherche sur la ville et l’architecture. Le film comme projet d’analyse et de fabrication architecturale » et est directement associé à l’Option Architecture et Cinéma.  
 
Enseignants et Cinéaste invité 

Giovanni Cioni www.giovannicioni.org – Cinéaste Invité de l’Option A&C 2015-2017  Giovanni Cioni, cinéaste, a vécu entre Paris, Bruxelles, ville où il s’est formé, Lisbonne, Naples et la Toscane, où il vit actuellement. Après ses études en Sciences humaines et communication (ULB, 1980-1984) et une Licence spéciale en civilisations africaines (ULB, 1984-1986), Giovanni Cioni s’oriente vers le cinéma, complétant sa formation d’un DEA en Cinéma et anthropologie (Paris I et Paris X Nanterre, 1986-1988).  Parmi ses films: DAL RITORNO, en compétition internationale à Cinéma du Réel (Paris, mars 2015),  Biografilm (Bologna, juin 2015), PER ULISSE (premier prix en concours international et prix cinemaitaliano, Festival dei popoli, Florence, décembre 2013, Mention spéciale Cinema e Diritti umani, Naples, décembre 2013, compétition internationale, Visions du Réel, avril 2013, Etats généraux du documentaire de Lussas, Expériences du regard, aout 2013,  Festival des cinemas des Peuples Anuuruaboro, Nouvelle Calédonie, compétition internationale, novembre 2013), GLI INTREPIDI (Mostra di Venezia 2012), IN PURGATORIO, sélectionné et primé dans plusieurs festivals internationaux (dont Festival dei Popoli et Cinéma du Réel), distribué en salle en France et Belgique, NOUS/AUTRES, coproduit avec la RTBF et CANVAS avec le soutien de la communauté française de Belgique, sorti en salle en Belgique.  En avril 2011 VISIONS DU RÉEL à Nyon a consacré un focus sur son travail.  

Roxane Enescu  Roxane.Enescu@ulb.ac.be  (architecture, film expérimental et documentaire, cinéma  d’avant-garde des années 1960) ;  coordinatrice de l’Option   Etudes en architecture (ISA V.Horta /Faculté d’architecture de l’ULB « La Cambre-Horta »), en management public (Solvay Business School of Brussels), en arts plastiques (Académie Royale des BeauxArts de Bruxelles) et en réalisation vidéo (SAE Institute, digital video producer), architecte indépendant et chargée de Cours à la Faculté d’Architecture de l’ULB, elle est affiliée au centres de recherche Sasha et Hortence où elle conduit sa recherche doctorale sur l’ Architecture du quotidien vue à travers l’objectif du cinéma expérimental et d’avant-garde des années soixante. Ses productions vidéo ou plastiques sont principalement expérimentales, mais également documentaires ou fictionnelles, s’intéressant à la figuration du réel dans ses multiples variations, ont été présentées à travers des projections publiques, expositions ou happenings en Belgique, Italie, Etats-Unis.  A initie en 2012 dans le cadre de la Faculté d’Architecture de l’ULB, l’Option Architecture et Cinéma actuellement à sa 4e édition, possédant depuis 2012 une vingtaine de courts-métrages thématiques, des multiples textes et fabrications sondant les frontières entre architecture et cinéma, entre réel et fictionnel.   

Thomas Vilquin Thomas.Vilquin@ulb.ac.be (architecture, structure et écriture cinématographique)  Après ses études d'ingénieur civil en construction (UCL, 1999), Thomas Vilquin suit également un master en écriture cinématographique (ULB, 2004). Depuis, il alterne entre enseignement de la structure aux étudiants en architecture et l'écriture de fictions audiovisuelles. Il a écrit notamment le scénario du court métrage Dernière Formalité (2014) qui a emporté divers prix dans des festivals à l’étranger et il est également actif comme script-doctor dont le court métrage Titre indéterminé (réalisé par Stéphane Papet en 2013) a été primé à Paris et à Liège.    

 Maurizio Cohen Maurizio.Cohen@ulb.ac.be (architecture et cinéma fictionnel)  Diplômé à la faculté d’architecture du Politecnico de Milan en 1989, exerce l’activité professionnelle et pédagogique en Belgique depuis 1993. Chargé de cours à la Faculté d'architecture La Cambre – Horta de l'ULB (Bruxelles) et à la Faculté d'architecture de l'Ulg (Liège). Il enseigne Théorie de l’architecture, Histoire de l’architecture en Belgique au XXe siècle, Conservation du patrimoine moderne, Architecture, ville et cinéma. De 2008 à 2014 il enseigne « Conservation du patrimoine moderne » dans le cadre du « Master en conservation - restauration du Patrimoine culturel » de la Paix Dieu.Il est également Professeur invité au Politecnico de Milan de 2003 à 2010.  Affilié aux laboratoires de recherche Alice et Hortence de la Faculté d’architecture de l’ULB. Il est membre de la rédaction de CLARA, revue des centres de recherche de la même faculté.  Affilié au laboratoire de recherche LHAC de l’École de Nancy. Membre de la section belge de Docomomo (Documentation et Conservation du Mouvement Moderne). Il a publié plusieurs ouvrages, textes et articles sur l’architecture moderne et contemporaine, il écrit régulièrement pour la presse spécialisée d’architecture belge et internationale (Abitare, Domus, A10, A+, etc.). Il a animé des cycles sur les relations entre architecture, ville et cinéma à l’Institut Supérieur des Arts Plastiques à Bruxelles. En particulier, dans ces cours, il propose une lecture du cinéma de fiction et son rôle dans la culture contemporaine et sur le cinéma belge et le rapport à son propre contexte.  

Véronique Boone Veronique.Boone@ulb.ac.be (architecture, Le Corbusier et le film) Eudes d’ingénieur-architecte (UGhent, ) et DEA en Histoire de l’Architecture, enseigne à la Faculté d’Architecture de l’ULB La Cambre Horta et fait partie du comité exécutif du Docomomo, Belgique. Affiliée aux laboratoires de recherche Hortence et Lacth/ENSAP à Lille. Sa recherche porte sur les modalités de représentation, médiation et réception de l’architecture moderne, sa recherche doctorale ayant comme intitulé Le Corbusier et le cinéma : la communication d’une œuvre.   Elle prépare également une exposition sur les bobines de film amateur d’Ernest Weissmann pour la Fondation Le Corbusier (Paris, 2017). Elle a été co-curatrice de l’exposition sur Le Corbusier et la photographie (La Chaux-de-Fonds, 2012). Elle a entre autres publié dans les ouvrages collectifs XVIIIe Rencontre de la Fondation Le Corbusier. Le Corbusier : aventures photographiques (2014) ; Construire l’image, Le Corbusier et la photographie, (2012) ; Belichte stad. Over dag, licht en nacht, (2010)   

Catherine Baude Catherine.Baude@ulb.ac.be (architecture et musique) Catherine Baude a une double formation d'architecte et de musicienne. Elle a travaillé en collaboration avec différentes agences d'architecture, ainsi qu'à son propre compte sur de nombreux projets de logements ainsi que des lieux à vocation culturelle. Du point de vue de la musique, elle a débuté au piano et s'est ensuite tournée vers le clavecin, brossant une large période du répertoire de l'histoire de la musique. Elle a étudié la composition contemporaine et l'analyse musicale (Conservatoires de Mons et de Liège) et la technique des langages musicaux  (ULB ) Dans ses compositions musicales contemporaines, elle explore des objets sonores inédits et écrit notamment  des compositions influencées par la musique sérielle. Persuadée que la conception de l'architecture peut nourrir la composition musicale et inversement, ses compositions s'inspirent des deux disciplines. Elle réalise des portraits musicaux qui allient les mondes visuels et sonores et dirige l'ensemble de musique ancienne Dilettanti Illuminati, se produisant régulièrement en concert. 

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