Date de l'actualité
2018-02-23 14:30
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Les blessures de la ville sont le fait de l’humain

Cicatrice(s) d’Anthony Karkan article dans La Libre Belgique

Le cycle de projections «  DocsàGoûter » organisé par PointCulture et Cinergie présente pour sa deuxième édition une série de films documentaires sur le thème de la ville - ses dérives, ses errances, ses lieux. La soirée de projection du 24 janvier a eu deux invités réalisateurs qui ont partagé avec le public quelques fragments du processus de réalisation de leurs films respectifs : Anthony Karkan qui a présenté son film « Cicatrice(s) » réalisé en 2015 et Gwenaël Breës (journaliste et réalisateur, cofondateur du cinéma Nova) présentant son film réalisé en 2002 sur le Parlement Européen « Façadisme, choucroute et démocratie ».

Anthony Karkan a réalisé son court-métrage Cicatrices dans le cadre de l’option Cinéma et Architecture, une recherche sur le double thème de « l’interstice et l’intervalle » urbains, la création du film issu du lieu exploré étant considérée comme une architecture en soi. Le processus a duré trois mois intenses, d’observation, d’écriture, de documentation, de tâtonnements.

Synopsis du film :

« En face de moi un homme couché, je le regarde, je sens qu'il a quelque chose à me raconter. Je vois que sa vie a changée, son regard pesant sur moi me fait penser que sa vie est comme une plaie ouverte. Tout chez lui est plus marqué : sa façon de marcher, sa façon de dormir, sa façon de parler, ses manières de bouger et de prendre des choses, sa manière de me regarder. Je l'observais depuis plusieurs jours comme si ses moments de vies étaient exécutés sur scène, dans sa niche, mais aujourd'hui, cet échange visuel, intense mais court, me donne envie d'aller plus loin : de voir et d'écouter ses cicatrices. »

Note thématique - extrait. Les espaces interstitiels/les sans domicile fixe, tous différents, ayant chacun leurs cicatrices et leurs histoires, ont cette particularité commune d'être mis en marge du reste de la ville/société. Définis comme espace/humain en discontinuité, il s'inscrit dans un schéma différent de celui conçu par l'urbanisme/société conventionnel. L’interstice/le sans domicile fixe en opposition avec l'environnement global/société, échappe aux diverses règles et poursuit son développement indépendamment de celles-ci… Souvent abandonnés mais rarement inhabités, les interstices appartiennent aux sans domicile fixe qui sont ainsi l'allégorie anthropologique du concept d'interstice architectural.

Cicatrices a également été sélectionné au Festival System D en 2016, et projeté au KVS.

Depuis la création de ce court-métrage, Anthony a collaboré à la réalisation de plusieurs films sur l’architecture en Belgique et travaille sur un film sur la Chine.